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24/04/2008

Toulouse: Maastricht des socialistes?

Par Matthieu Vittu

La crise majeure que traverse la gauche dans son ensemble est à la mesure de son renoncement à préempter le champ économique. Nicolas Sarkozy a battu Ségolène Royal parce qu’il apparaissait plus apte à résoudre les problèmes économiques rencontrés par notre pays et en conséquence le plus capable d’améliorer le quotidien des Français. Il nous prouve aujourd’hui le contraire: le candidat de «la France qui souffre» de Charleville est devenu le président de la faillite de Gandrange. La candidate socialiste tentait de le surclasser sur les questions sociétales: souvenons nous simplement de ses coups d’éclat sur l’encadrement militaire des jeunes délinquants, la suppression de la carte scolaire, son repositionnement sur la question du mariage homosexuel, le droit de vote des étrangers, sur la France multicolore qu’elle appelait de ses vœux.

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Ces problématiques sont importantes et méritent des réponses claires, cela ne fait aucun doute. Mais en s’accaparant le champ sociétal, la représentante de la Gauche a négligé la bataille économique, pourtant essentielle.


Ne retraçons pas ici les échecs du projet socialiste, d’autre l’ont fait avec plus ou moins de talents. Mais ouvrons le débat sur l’ajustement du discours socialiste sur l’économie comme vient de le proposer le comité de sage inter courants chargé de rédiger notre nouvelle déclaration de principe. Oublions nos déconvenues communicationnelles: sommes-nous riches à 4000 euros, peut-on être de gauche et payer l’ISF, là n’est pas la question. Même si vous concéderez qu’à l’heure où l’on (re)découvre que les français ont des problèmes de pouvoir d’achat, l’idée d’un SMIC à 1500 euros était quand même la bienvenue.
 
Le congrès qui s’ouvre est une nouvelle occasion pour la gauche en général et pour le PS en particulier de clarifier ses réponses sur ce qui lui a fait défaut : la question du pouvoir d’achat et son corollaire les salaires, la place du salarié dans la globalisation financière, les rapports entre revenus du capital et revenus du travail, l’accroissement des inégalités salariales, la problématique du protectionnisme et surtout face à la dérive libérale (et pas nouvelle) d’une économie mondialisée et financiarisée. En même pas 20 ans, le contexte international a considérablement évolué. Le congrès qui s’annonce doit nous permettre de ‘rebooter’ notre logiciel idéologique. Mais attention, ‘rebooter’ ne veut pas dire droitiser !  Notre future charte (Voir sur les questions de procédure la lettre de Paul Quilès à François Hollande, démarche que je soutiens totalement) nous propose le concept d’économie sociale et écologique de marché. Répondons ‘oui’ mais pas à n’importe quel prix.
 
Ségolène Royal a essayé, lors de son discours de rentrée, de répondre à ces questions en prononçant cette expression venue d’ailleurs : « le marché, c’est comme l’air qu’on respire ». Le PS a gouverné la France depuis 1981 pendant 12 ans. Qui peut aujourd’hui croire qu’il souhaite remettre en cause le principe d’économie de marché. La question n’est pas sommes-nous pour ou contre le marché, mais quels sont les biens et services qui doivent être sujets à l’économie de marché. Si le marché se résume à l’air que nous respirons, il doit ainsi sans doute, selon les tenants de cette formule, répondre à la rareté de biens aussi essentiels que l’eau, l’énergie, les denrées etc. Ce n’est pas ma conception des choses. Je ne crois pas que ce soit la leur non plus et qu’il s’agit plus là d’un couac voire d’une provocation.
 
Prenons ainsi l’exemple de la distinction entre ce qui doit relever du secteur marchand classique, de ce qui ne devrait pas y figurer. A l’heure de ce qu’il est désormais courant d’appeler «les émeutes de la faim», nous, socialistes, ne devrions nous pas nous poser la question de la place des denrées alimentaires dans le champ économique ? Le blé est-il une marchandise comme une autre ? Les denrées sont devenues la nouvelle cible des traders de toutes sortes comme en témoigne leurs envolée à la Bourse de Chicago. Certains crèvent de faim, d’autres spéculent sur l’alimentaire. N’y a-t-il pas là pour le PS un moyen d’affirmer que le marché ne peut (et ne doit!) pas tout réguler. Entre l’économie dirigée soviétique qui a totalement échouée, et le tout marché qui montre tous les jours ses limites, les socialistes français doivent avoir pour ambition d’affirmer les valeurs fondamentales qui sont les siennes. Les denrées, l’eau, l’énergie, les transports, la santé, l’éducation, le logement ne sont pas des biens comme les autres. Si en la matière, le marché est comme l’air que l’on respire, alors un conseil, sortez couvert! Toulouse peut-être une énième occasion pour les socialistes de redéfinir les biens que la collectivité doit se réapproprier. En clair, se démarquer totalement d’Attali et de son rapport Attila, des Gracques et de leur social-libéralisme, sorte de tarte à la (mauvaise) crème entre la social-démocratie et le libéralisme économique. La gauche moderne (c’est malheureusement un concept déposé en Alsace) n’est pas droitière, elle est claire sur ses valeurs.
 
Ne cédons pas aux charmes du sociétale en désertant le terrain économique. Ces deux questions sont étroitement liées. « Aller à l’idéal pour comprendre le réel », bien entendu ! Proposons une véritable alternative, consolidons nos réponses sur ce qui fait le progrès, n’ayons pas honte de nos valeurs et de notre bilan : c’est encore mieux ! Nous, socialistes, sommes les garants de la rupture. Ne nions pas le rapport de classe, c’est un fait. La violence, l’insécurité économique et sociale vécue par nos concitoyens existe. Ce n’est pas juste une affaire de sentiment ! La précarisation des emplois, l’augmentation des bas salaires, la diminution des revenus du travail par rapport à ceux du capital ne sont pas que des données statistiques. Le système capitaliste dans ce qu’il a de plus néfaste -l’accumulation des richesses par quelques-uns, la prolifération du tout marchand aux biens essentiels, la recherche permanente du profit maximale au moindre coût social- a gagné une manche de plus avec la globalisation financière. Gardons nous bien de croire qu’il ira à sa propre perte.
 
L’économie sociale et écologique de marché a remplacé dans notre idéal commun l’économie socialisée. Don’t act ! Mais que Toulouse pour les socialistes ne soit pas ce que Maastricht fut pour les Européens : la ville du renoncement. 5 fois notre déclaration de principe à été revisitée par nos pères. 1905 c’était Jaurès. 1948, les acquis du CNR, 1969 le Grenelle des socialistes, 1990 l’adaptation du logiciel PS aux normes européennes. Faisons en sorte que 2008 ne soit pas pour nous synonyme de l’abandon de la rupture, de la démission collective du parti à se battre pour les couches populaires parce qu’elles nous ont un temps et à juste titre échappée. Réinventons l’économie mixte, recréons des fonds souverains alternatifs, imposons la taxation en capital des grandes multinationales alimentaires, pétrolières et énergétiques. Battons nous pour une Europe offensive, pour une Banque centrale contrôlée, pour un SMIC européen, pour des politiques européennes de relance, pour la convergence des normes sociales vers le haut, en résumé exigeons que se mette en place l’Europe sociale. Là est la véritable rupture!

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Commentaires

Bravo jeune camarade pour ton texte. Tu cadres avec précision ce que doit être notre congrès ! Et surtout ce qu'il ne doit pas être !

Écrit par : Pierre | 24/04/2008

Ca fait du bien de lire ça! Du fond, de l'analyse, et de la perspective. De la politique, quoi!

Écrit par : Antoine | 24/04/2008

Ch'avais pas qui avo des talents dans le Pas de Calais, surtout chez les socialos ! Nan Nan les chtis m'en voulez pas. chéto une blague !!!!

Écrit par : Esmeralda | 24/04/2008

Resocialiser certains biens, pourquoi pas ? Avec la crise financière, même les libéraux commencent à souhaiter que l'on nationalise certaines banques. Mais ces "nationalisations" devraient plutôt être envisagées à l'échelon européen, par exemple par le biais d'une banque européenne d'investissement. Bien gérée démocratiquement et décentralisée, elle pourrait former un puissant fond souverain investissant dans des activités d'avenir (énergies alternatives, etc.).
Un point crucial à ajouter est la nécessité d'une profonde réforme de la fiscalité et des prélèvements sociaux. On doit arrêter de taxer le travail et taxer au contraire les productions polluantes et les mouvements spéculatifs, le tout à l'échelon européen.
Il faudrait aussi reparler de la démocratie dans l'entreprise (cogestion) et de la réduction du temps de travail... entre autres. C'est cela, "l'économie sociale de marché".
Par contre, un SMIC européen ne me paraît pas très réaliste (va-t-on le fixer au niveau du Luxembourg ou de la Roumanie ???).
De même, tout n'est pas à jeter dans le rapport Attali. Doit-on défendre les oligopoles et les monopoles, notamment celui des notaires ? N'est-il pas scandaleux que trois centrales d'achats se partagent la quasi totalité de la consommation des ménages en France ?
Maastricht n'est pas non plus la calamité que vous prétendez. La monnaie unique est un atout pour les peuples européens. Elle n'est responsable ni de la hausse des prix ni du chomage. La preuve : la zone euro est excédentaire par rapport au reste du monde et l'euro fort limite les conséquences de la hausse des matières premières. Larrouturou a très bien démontré que la cause essentielle du chomage est la hausse de la productivité... ce qui devrait être une chance bien que le capitalisme à la Reagan en ait fait une calamité pour les salariés.
Enfin, vous êtes injuste envers Ségolène Royal. Elle a beaucoup parlé économie mais ce sont les médias qui n'ont retenu que ce qui leur semblait choquant pour la moyenne des socialistes... sans parler des prétendues bourdes, montées de toutes pièces à partir de citations tronquées.

Écrit par : P. Gailhardis | 24/04/2008

Bonjour,

les réflexions de Matthieu vont dans le bon sens, le sens de l'amélioration de la vie des gens.



l'économie sociale et écologique de marché est une URGENCE, l'autorégulation du marché est une lubie.

Alan Greenspan, ancien directeur de la réserve fédérale américaine a déclaré au le 17 octobre 2007 au journal financial times:

« J’ai attendu et j’attends encore quelque normalisation dans le partage du profit et des salaires » car « la part des salaires dans la valeur ajoutée est historiquement basse, à l’inverse d’une productivité qui ne cesse de s’améliorer ». Or « ce découplage entre faibles progressions salariales et profits historiques des entreprises fait craindre (...) une montée du ressentiment, aux Etats-Unis comme ailleurs, contre le capitalisme et le marché ».

D’après le Fonds monétaire international (FMI), dans les pays membres du G7, la part des salaires dans le produit intérieur brut (PIB ) a baissé de 5,8 % entre 1983 et 2006. D’après la Commission européenne, au sein de l’Europe cette fois, cette part a chuté de 8,6 %. Et, en France, de 9,3 % (PIB:1800 milliards)


ces 9, 3% représente 150 milliard d’euros

a comparer au déficit de la sécurité sociale :12 milliard et à celui des retraites : 5 milliards

plus que jamais la Gauche doit prôner une meilleure répartition du gâteau !

Écrit par : frédèric | 24/04/2008

je suis en accord avec Matthieu sauf sur son affirmation:"Nous, socialistes, sommes garants de la rupture"

la rupture est un mot qui fait peur, qui divise, même sarko a rajouté rupture tranquille.

le socialisme : c'est le progrés dans la recherche de l'épnouissement individuel et le renforcment des garanties collectives.

ce progrés passe en effet par la redistribution de la richesse produite et héritée, donc par la hausse des salaires et les taxes.

le mot TAXE n'est pas un gros mot mais une obligation de paix sociétale !

en avant, tous les matthieu du PS

Écrit par : Béatrice | 24/04/2008

Cette analyse est tout à fait juste, peu avant un congrès qui va déterminer l'avenir du PS et de la France je l'espère, cette étude poussée de la situation que vivent les français depuis trop longtemps permet de recadrer les évènements dans leur contexte.
Merci à toi Matthieu!

Écrit par : Séréna | 24/04/2008

Tu as raison Matthieu c est sur l économie que les Français attendent le PS. Aujourd hui plutôt que de proposer une alternative crédible à un capitalisme financier en faillite certains à gauche pensent que sauver le système en l adaptant à la marge leur permettra de reprendre la main à la tête du pays en 2012 (suivez mon regard vers Evry).
La droite n y est plus au niveau économique. Son discours sur les bienfaits de la concurrence libre et non faussée a trouvé ses limites dans les contraintes que rencontrent les Français dans leur vie de tous les jours. L ouverture du marché de l énergie devait permettre une baisse des prix? Nous en sommes à 2 hausses des prix du gaz en peu de temps, le prix de la nourriture en général s envolent.

Il est temps que le PS réinvestisse ces thémtiques avec un autre discours

Écrit par : Antoine | 24/04/2008

Je suis plus OK avec Matthieu qu'avec Philippe. Je m'explique : comme c'est dit dans la tribune, Toulouse ne doit pas être pour les socialistes la ville des renoncements. Dans ton discours, Philippe, on sent de l'abandon à changer la société !

Royal ?

Pourquoi a t'elle reculé sur le smic à 1500 euros, pourquoi n'a 'elle pas parlé de fond souverain, pourquoi a t'elle reculé sur les 35 heures

Écrit par : Mireille | 24/04/2008

Pas faux tout cela Mathieu même si certaines propositions sont un peu utopiques et que 'l'ensemble du raisonnement se cantonne a l'Europe
Sur la forme ,voila des idées qui peuvent être en résonance avec le quotidien des salariés
Malheureusement camarade la majorité des bobos issus de l'éducation nationale et de la fonction publique n'auront pas cette vision ,et je vous parie le fiasco

Écrit par : antimythe | 25/04/2008

Le commentaire de Matthieu semble tellement évident; son analyse est très juste. Cependant, on nous jurerait que le PS est en parfaite phase avec cette propension maladive à vouloir gérer la Gauche à gauche ? Et bien non ! Ils sont nombreux au PS à offrir une autre perspective : la droitisation du parti socialiste. Ils sont nombreux au nom d'un réalisme économique qui ne veut rien dire à vouloir "libéraliser" le programme économique du PS. Ils sont encore assez nombreux pour envisager une société sans remettre en question la pensée unique dont l'un des principaux axes est de ne jamais remettre en question la question des sources de financement par le prélèvement sur les revenus du capital comme le préconise l'article de Matthieu. Une fraction du financfement des retraites y trouverait son compte.
Bravo de plus à Matthieu pour son style journalistiquement direct.

Écrit par : patrick D | 25/04/2008

@mireille
Le SMIC à 1500 euros (bruts ou nets, dans quel délai, mystère...) était une mesure en trompe-l'oeil dans la mesure où, au rythme d'augmentation actuel, ce niveau devait être atteint mécaniquement avant la fin du quinquennat.
En outre, il faut voir que, si l'on n'augmente que le SMIC, on a un effet d'écrasement sur les salaires légèrement supérieurs, qui sont alors rattrappés par le SMIC, avec un sentiment d'apauvrissement et d'injustice éprouvé par ces salariés qualifiés qui ne gagnent pas plus que des salariés non qualifiés.
Par ailleurs, toute augmentation du SMIC faite sans réforme fiscale fragilise un peu plus le travail non qualifié en incitant les patrons à substituer du capital au travail. Pour contrer cette tendance, il semble impératif de taxer l'argent plutôt que le travail et que les assurances sociales soient financées par l'impot (sur la pollution, les mouvements spéculatifs, les plus-values financières, les stock options, les produits de luxe...) et non plus par des cotisations sociales prélevées sur les seuls salariés et employeurs.
Pour toutes ces raisons SR proposait un Grenelle où l'on aurait tout mis sur la table, afin de relever l'ensemble des salaires.
A Toulouse, on doit renoncer aux fausses solutions et prendre acte du monde tel qu'il est.
Le capitalisme financier est à bout de souffle. Mais la France ne peut pas mettre en place un autre modèle dans un seul pays. C'est ce qu'elle a voulu faire en 1981 et l'on a vu le résultat. Nous n'avons pas d'autre choix que de tenter de persuader les grandes puissances de l'UE et du reste du monde de réguler et taxer les flux financiers et d'imposer des règles sociales et écologiques dans le commerce international.
C'est pourquoi les réformes que nous pouvons proposer à l'échelle de la France ne peuvent que sembler modestes, quoique fondamentales : nous pouvons améliorer notre système éducatif, faire la chasse au "gaspi" dans l'Etat, poursuivre et améliorer la régionalisation, mettre fin au scandale d'une Justice et de prisons moyenâgeuses, réorienter les aides publiques vers les entreprises qui en ont besoin, spécialement les PME innovantes, simplifier un code ubuesque du travail, mettre en place une vraie sécurité sociale professionnelle, promouvoir les énergies nouvelles et le logement social HQE, inciter les entreprises à proposer des CDI, etc. Cela ne suffira pas à terrasser le capitalisme financier mais permettra au moins de remettre la France au niveau des pays les mieux gérés, les pays nordiques.

Écrit par : P. Gailhardis | 25/04/2008

mercredi 31 juillet 1985 : conseil des ministres

François Mitterrand
« nous sommes obligés de tenir compte du pouvoir de l’argent. il y a une petite chance qu’il laisse place à l’idéologie que vous représentez.
Le pouvoir de l’argent est déjà en place , il ne ratera pas l’occasion de faire échouer ce qui ne lui plait pas .
Armons nous »

23 ans aprés, ces propos sont plus que jamais d'actualité

Écrit par : carole | 25/04/2008

C'est un discours rationnel et séduisant que celui-ci. Et je pense que c'est de cette façon que la gauche pourra exister. Construire une alternative qui soit plus qu'une simple alternative, qui devienne un nouveau projet de société, possible et tangible. Attention tout de même aux formulations hasardeuses.

"surtout face à la dérive libérale (et pas nouvelle) d’une économie mondialisée et financiarisée."
Encore une phrase à mi-chemin entre deux époques. Entre la construction d'un mythe fantasmagorique anxiogène, et la compréhension du vrai monde réel.

Pour reconquérir le pouvoir, il vous faudra convaincre une majorité. Les électeurs ne se contentent plus de constitué une base compatissante ou acculée, guidé par les bonnes intentions. La pensée politique est de plus en plus rationnalisée, et il est temps de considéré l'electeur comme doué d'intelligence, capable de penser par lui même, d'avoir sa compréhension du monde qui soit relativement proche de la réalité, parce qu'aussi bête que cela puisse paraîte, il vit dans ce monde et subit cette réalité, et doit donc composer avec un idéalisme modéré, dosant son jugement par une très forte lucidité, et une conscience de la véritable nature du monde qui l'entoure, de ses régles et ses mécanismes.

L'économie française, européenne, mondiale, EST libérale, mais ses dérives sont en soi issues de la globalisation, qui est de surcroit financiarisée. Pourquoi suggérer l'inverse ? Comment comprendre le réel, si pour commencer personne ne l'admet ?

Écrit par : Stairway to heaven | 25/04/2008

Je m'aperçois d'une grosse maladresse dans mon message, j'avais commencé par réagir au propos tenus par Philippe :
"C'est un discours rationnel et séduisant que celui-ci. Et je pense que c'est de cette façon que la gauche pourra exister. Construire une alternative qui soit plus qu'une simple alternative, qui devienne un nouveau projet de société, possible et tangible."

Et je suis passer du coq à l'âne en intervenant finalement sur les reliquats du passé contenu dans le discours de l'article.

Écrit par : Stairway to heaven | 25/04/2008

bravo matthieu,
si les socialistes ne sont pas toujours garants de la rupture, ils devraient l'être. mais en tout cas, si eux ne ne le font pas , c'est pas demain qu'on transformera la société. Alors tout l'enjeu du congrès PS que d'affirmer cette exigence. La rupture comme la rénovation de la gauche passe par une nouvelle étape de son unité et par l'affirmation de son identité contemporaine, comme tente de la faire " gauche Avenir "...

Écrit par : chti gauche | 25/04/2008

Ca fait de la peine de voir un si bon soldat derrière un si mauvais général.

Écrit par : Fran | 25/04/2008

Si notre "camarade" Matthieu était dans une autre chapelle, il pourrait alors gravir beaucoup de marches... Dommage de se tromper si jeune quand on est brillant !!!!!!!!!!!

Écrit par : Observateur | 25/04/2008

Tout à fait d'accord avec cette analyse.
Toulouse sera un tournant, pourvu qu'il ne soit pas un virage fatal.
Tout se joue au niveau économique, et lorsque l'on s'attarde à ne parler QUE des questions sociétales, c'est que l'on se résigne à ce que la société ne change jamais pour ceux qui souffrent toujours plus.

Écrit par : Alexandre Cousin | 26/04/2008

discours archaique d'un jeune parisien qui passe sa vie entre la sorbonne et sciences politiques, avec le dimanche un petit pélerinage rue de Lille.

il faut vraiment être hors de son temps pour parler de nationalisations , de nouvelles taxes !

notre probléme prioritaite est cette dette abyssale dont le remboursement dépasse le budget de l'éducation nationale.

les Français ont décidé: un sondage montre leur désir de François Bayrou !

les partis nous ont ruiné, monsieur Bayrou va nous redonner notre fiéreté de premiére nation européenne.

la porte est ouverte Matthieu Vittu, ils vous suffit de la pousser

a bientôt, j'en suis certaine

Écrit par : Peggy | 26/04/2008

@peggy
Comme ça Bayrou serait le nouvel homme providentiel ? Laissez-moi rire !
Ministre de l'éducation, il n'a réussi qu'à mettre le feu à l'école en s'attaquant à la laïcité.
Partout où il est passé, il n'a rien fait dont on puisse se souvenir.
Et sa conception de l'économie est extrêmement simpliste. Interdire le déficit budgétaire par voie constitutionnelle, c'est obliger les gouvernements à ne s'occuper que de la monnaie. Pour la banque centrale européenne, on peut le comprendre mais un gouvernement a besoin d'un peu de marge de manoeuvre pour pouvoir utiliser la politique budgétaire en cas de récession. Même les ultra-libéraux les plus enragés ne proposent pas une sottise pareille. Si Bayrou avait été à la place de Roosevelt dans les années 30, les USA ne seraient jamais sortis de la crise de 29... et ils n'auraient pas eu les moyens budgétaires de combattre le Japon et Hitler !

Écrit par : P. Gailhardis | 26/04/2008

Matthieu Vittu,
Laurent Fabius est un lecteur du blog de la rénovation de 20 Minutes ?
Jugez sur pièces :


Fabius pour un "fonds souverain France"
L'ancien premier ministre PS Laurent Fabius, prône aujourd'hui la création d'un "fonds souverain France", "intervenant dans le domaine économique avec des critères éthiques", l'une de ses quatre "contre-propositions pour l'avenir", "originales, ambitieuses", concrètes".

Ces propositions sont "cohérentes avec la vision d'une +économie sociale et écologique de marché+ que j'ai proposée au PS et qu'il vient de reprendre dans sa nouvelle déclaration de principes", écrit l'ancien ministre de l'Economie dans une tribune parue dans Les Echos.

M. Fabius propose, pour pallier son "manque de stratégie industrielle", que la France "se dote d'un fonds souverain, constitué à partir de la caisse des Dépôts", qui "interviendra dans le domaine économique selon des critères éthiques".

Source: AFP

Écrit par : Elise | 28/04/2008

Très bonne analyse, tout à fait d'accord.

Écrit par : Eric | 28/04/2008

La dissolution du 57ème RA de Bitche retentit comme un chant d'adieu à un monde, à une époque, à une population qui méritaient d'autres égards. Le "chant des adieux", c'est aussi une petite pièce composée par mes soins pour évoquer le désarroi et les drames qui en découlent, mais surtout la détermination et la force d'hommes et de femmes décidés à se défendre.

Merci de diffuser ce message le plus largement possible.
__

François : Monsieur le Président, cette petite visite me rappelle votre passage éclair sur le site de Gandrange. "Visite présidentielle, visite providentielle..." et finalement, bien des déconvenues à la clef !...
Sarko : Mais c'est tout de même extraordinaire, cette façon de tout déformer ! A Gandrange, j'ai fait des déclarations précises, des promesses claires ! Je me suis engagé solennellement à prendre en charge les investissements nécessaires au redressement de cette entreprise et...
François (lui coupant la parole) : Vous l'avez dit et vous n'en pensiez pas un mot ! Vous-même savez bien que Bruxelles interdit formellement ce genre d'initiatives. Vous avez froidement mené ces gens en bateau (et pas celui de Vincent Bolloré !), et vous êtes venu en faire autant ici !
Sarko : Oh, mais pas du tout ! On ne pourra pas me reprocher de ne pas tenir des promesses faites devant vous, parce que..., comment vous dire cela...
François : Parce que vous ne prendrez même pas la peine de nous en faire, n'est-ce pas ? L'affaire est pliée, et on n'en parle plus !
Sarko (mielleux) : Il faut savoir s'adapter aux réalités économiques... Il faut que chaque français fasse des efforts pour que notre pays reste compétitif...

François : De notre point de vue, ce sont toujours les mêmes français qu'on presse de faire des efforts ! Nous sommes égaux devant l'effort, Monsieur le Président, mais comme disait Coluche, il y a des gens qui sont "moins égaux que les autres" !! ...

Sarko : Allons, Monsieur François, le pays de Biche n'est pas si mal loti !

François : De Bitche, Monsieur le Président ! Le Pays de BITCHE !!!

Sarko : Ne jouez pas sur les mots ! Vous ne pouvez pas demander à l'Etat de maintenir des garnisons pour vous protéger contre des dangers qui n'existent plus !

François : Monsieur le Président, c'est nous au contraire qui avons protégé l'Etat au cours des dernières décennies. Nos pères ont été en première ligne des combats, nos maisons ont été bombardées, et lorsqu'il a fallu céder des villes à l'occupant, c'est encore la nôtre que le sort a désignée !! Et aujourd'hui, la paix revenue, c'est un autre bombardement qui s'abat sur nos têtes, celui de réformes iniques qui signent la débâcle de notre région.
C'est cela qu'il est si difficile d'admettre pour nous ! C'est le Pays de Bitche qui a été le plus éprouvé, Monsieur le Président ! C'est ici qu'il y a eu le plus de morts ! Et à chaque réforme, c'est ici encore que les mesures sont les plus dures, les plus radicales, les plus définitives !
C'est un lâchage en règle, Monsieur le Président !

Sarko (qui feuillette quelques papiers) : Bitche a toujours été chère à mon cœur, Monsieur François ! A la cérémonie de passation de pouvoirs consécutive à mon élection, j'ai tenu à la présence des artilleurs du 57ème Régiment d'Artillerie de Bitche ! Ce sont eux qui ont tiré vingt-et-un coups de canons sur l'Esplanade des Invalides !

François : C'est un signe, Monsieur le Président ! Il faut justement invalider cette décision de dissolution du 57ème Régiment d'Artillerie de Bitche !

Sarko : Ce sont les militaires qui sont les premiers concernés ! Ils seront simplement reclassés ailleurs ! Ca ne pose pas de problème majeur car ils ont accepté une certaine mobilité en entrant à l'armée.

François : Monsieur le Président, la population du Pays de Bitche a tissé au fil des ans des liens très étroits avec les personnels militaires. Nous vivons une conjoncture difficile, avec des entreprises qui mettent la clef sous la porte, des jeunes qui ont peur de l'avenir, et la présence sur place de garnisons militaires est perçue par les gens comme un pilier solide et inamovible sur lequel ils peuvent au moins compter. Beaucoup de monde s'accroche à cette branche que vous souhaitez scier !

Sarko : Aucune branche ne sera sciée de manière inconsidérée... Mais les amoureux de la nature que compte cette assistance savent bien ce que soigner un arbre veut dire. Il faut combattre les parasites, arroser l'arbre, tailler ses branches inutiles. Si on ne le fait pas à temps, c'est l'arbre entier qui est menacé !

François : Nous ne sommes pas des branches inutiles, Monsieur le Président, et encore moins des parasites ! Quant à arroser l'arbre, ce sont les larmes des petites gens qui vont couler à flot.

Sarko : Vous jouez la carte sentimentale, là ! Mais on ne dirige pas un pays avec de bons sentiments. Il faut de la rigueur, monsieur François, du réalisme !

François : Je n'aime pas davantage vos propres cartes, Monsieur le Président. La carte judiciaire, la carte hospitalière, la carte militaire, la réforme des universités... Je vois surtout à l'oeuvre des technocrates parisiens régler froidement le sort de millions de gens au vu de considérations comptables, et sans le moindre regard pour les drames qui se jouent dans la vie réelle.

Sarko : Des drames ? Allons donc ! Quels drames ?

François : Nous avons déjà été vivement ébranlés par la disparition d'un régiment à Sarralbe et par la suppression du 4ème Cuir à Bitche même. Demain, le maintien de nombreuses écoles sera contesté. Nos commerces seront menacés de faillite ! Les longues années de souffrance que nous avons vécues au cours des trois dernières guerres nous ont appris le courage, et ont ciselé au fil du temps notre identité de ville de garnison. S'y attaquer, c'est détruire notre bel équilibre, notre belle unité, et jeter aux oubliettes des siècles de tradition nourrie de respect des valeurs et de courage face aux épreuves. On n'a pas le droit de nier l'âme d'un pays.

Sarko : Ne vous inquiétez donc de rien, monsieur François. Faites-nous confiance ! Nous allons nous occuper de tout !

François : Monsieur le Président, l'avenir que vous nous promettez est bien sombre. Mais nous avons pour nous notre solidarité et notre courage. Dans les contextes les plus défavorables, dans les conflits les plus durs, nous avons toujours su serrer les rangs pour faire front tous ensemble. Jamais, nous n'avons plié devant personne ! Sachez-le, Monsieur le Président, ni aujourd'hui, ni demain, personne ne nous fera rendre gorge !
Et puis, nous ne sommes pas seuls ! Nous pourrons toujours nous fier à nos élus qui jamais, eux, ne nous laisseront humilier et trahir de la sorte !
Une majorité de français s'est rangée sous vos couleurs et vous a élu à la Présidence de la République en 2007. Aujourd'hui, c'est à vous de nous montrer que nous pouvons compter sur vous !


Florence Soriano-Gafiuk

Écrit par : Florence Soriano-Gafiuk | 20/05/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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