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15/05/2008

Les 3 clés pour un congrès réussi

Par Matthieu Vittu

Mauvaise passe pour Nicolas Sarkozy. Les sondages sont en berne, l’économie en gestation, La France doute. 40 ans après 1968, les Français attendent des réponses qui n’arrivent pas. François Fillon l’a affirmé: «La droite a gagné la bataille idéologique». Mais il le fait au moment où tout porte à croire qu’elle est en train de la perdre. Et nous, socialistes? Serons-nous capable lors de notre prochain congrès de réussir à porter à nouveau la voix de l’espérance? Je veux croire que la réponse est oui. Mais cela tient à trois conditions indispensables, que j’appellerai les trois clés pour un congrès réussi.


L’unité de la gauche

Parce qu’elle est garante de notre victoire collective à la prochaine élection présidentielle, la première clé qui permettra toutes les réussites, c’est de tenir le cap de l’unité de la Gauche. Et pourtant, l’air du temps serait à l’ouverture au centre. La politique ne serait ni plus ni moins qu’une question d’arithmétique. On vous affirmera, calculettes en mains, que «le PS, le PC, le MRC, les verts et radicaux de gauche, même unis dès le premier tour ne peuvent atteindre la majorité des suffrages». Ce qui impliquerait que «Seule l’ouverture au Centre peut permettre d’emporter la mise». Les tenants de ces formules négligent le fait que le rassemblement à gauche ne doit pas se faire à minima. Nous devons dès aujourd’hui inventer les nouvelles formes de l’unité des forces de gauche.
 
Unité ne veut pas dire "unique", l’unité n’est pas l'alignement, l’unité doit être débattue et acceptée. Le Parti Socialiste est désormais à gauche le parti majoritaire comme le fut, jusqu'au début des années 70 ,le Parti Communiste. C’est un fait. Mais ce n’est pas en écrasant ses partenaires qu’il favorisera l’unité : ce serait une catastrophe. Pour arriver à une candidature unique de la Gauche en 2012, il faut deux éléments : non seulement une volonté inébranlable de se rassembler, mais aussi la capacité à apporter des réponses claires sur plusieurs thèmes précis. Imaginez une gauche politique, associative et syndicale répondant d’une seule voix à 5 questions prioritaires pour nos concitoyens : les nouvelles formes de redistribution, un système de retraite équitable, une politique éducative offensive, un logement pour tous, des soins garantis. La gauche, unie dans sa diversité, claire sur son projet et offensive dans ses propositions, constituera alors la véritable espérance d’un avenir meilleur.
 
Le réarmement idéologique

Il est aujourd’hui assez fréquent d'entendre citer le grand penseur italien Gramsci, qui considérait à juste titre que les partis politiques devaient être « armés » pour remporter la bataille culturelle. Ces derniers n’apparaissent plus aujourd’hui comme un lieu de débat idéologique, comme un vivier intellectuel produisant des idées fortes que les militantes et militants défendent au quotidien. Nous le déplorons tous, mais rien n’est fait pour changer la donne. Regardez simplement la pauvreté des « forums de la rénovation » engagés au sein du Parti socialiste. On invite toujours les mêmes intervenants qui racontent les mêmes choses depuis des années. Ceux-ci accouchent presque toujours d’une synthèse molle alimentée par des concepts génériques du type «il faut des emplois de qualité et créer des richesses pour construire le progrès social». Prenez pour exemple notre nouvelle déclaration de principes : on ressent un vraie gêne lorsque l'on entend E.Besson déclarer dans un grand quotidien qu’il aurait pu la signer!
 
Et pourtant, avec le développement d’Internet, des forums participatifs, des médias alternatifs, nous disposons de formidables relais d’information. Le débat idéologique et culturel s’opère désormais à l’échelle européenne, voir mondiale à travers ces sites à fortes audiences. La période actuelle est propice à de formidables émancipations collectives. Je prends toujours l’exemple de l’appropriation par tout à chacun des biens essentiels qui ne doivent pas être soumis à la loi du marché. Les socialistes sortiraient grandis d’une offensive idéologique menée sur cette question. Ne pourrions nous pas engager "la bataille de l’eau" en proposant un véritable service public de l’eau assorti de régies municipales et d’une redistribution effective entre les zones faiblement dotées et celles qui en ont trop. Parce que chaque homme doit disposer d’un accès à l’eau potable, nous proposerions également la création d’une organisation mondiale de l’eau qui, avec de véritables moyens, serait en charge de réguler les échanges en la matière. Le PS pourrait alors inviter l’ensemble des responsables associatifs qui se battent au quotidien pour défendre cette nouvelle forme de régulation. Il organiserait sur Internet et des les médias régionaux une grande consultation participative, autour de propositions fortes comme celles que je viens d'évoquer.
 
Des véritables réponses face au changement de cycle mondial


La dernière et principale clé, c’est l’espoir de changer la société pour changer la vie. Le libéralisme économique échoue, la mondialisation semble marcher sur la tête. Nous sommes entrés dans une crise de civilisation planétaire où les inégalités les plus cruelles ne se résolvent pas. Les socialistes ont une occasion unique de proposer une véritable alternative politique.
 
En ce début de siècle, les crises mondiales s’accumulent : crise alimentaire, crise énergétique, crise démographique, crise financière… De plus en plus d’intellectuels parlent d’inversion de cycle. Le libéralisme effréné au service d’une mondialisation financière dangereuse n’apporte plus de réponses d’avenir. Nicolas Sarkozy, sous couvert d’un discours électoral habile mais trompeur, est un libéral affirmé et décomplexé aux accents atlantistes. Lors du prochain congrès, nous devons prendre en compte cette nouvelle donne mondiale. Si nous faisons juste du replâtrage de notre catalogue, nous courrons à notre propre perte. Nous devons apporter des réponses de fond aux dérèglements du système économique et financier. Jamais il n’a été aussi instable. La rentabilité à tout prix est devenu la règle là où elle était auparavant une condition parmi d’autres de la fiabilité du capitalisme. La crise des subprimes montre à elle seule la bêtise des "soldats du profit maximal".
 
Le PS donne le sentiment sur ces questions de naviguer à contre courants et en plus sans cap clair. Nous nous posons la question de notre adhésion exclusive aux idées sociales démocrates au moment où celles-ci vivent des échecs répétés. Nous recentrons nos propositions alors que les papes du libéralisme proposent de nouvelles formes d’interventions de l’Etat. Jamais le recours à l’intervention publique, à la création de nouvelles richesses par la formation et la recherche n’a autant été d’actualité. Il s’agit là de formidables opportunités pour préparer l’alternative et changer le futur. La véritable transformation, portée par la Gauche, se fera en axant nos propositions autour de ce qui fait notre force : refuser la rente financière et lui opposer une juste rémunération de la force de travail, qu’elle soit intellectuelle ou manuelle. On nous propose des nouvelles vulnérabilités économiques et sociales, qui seraient la seule réponse adéquate au libéralisme. Mais le déséquilibre est la conséquence de cette hyper flexibilité. Tiens toi dans le rang, accepte ta position, et surtout ne bronche pas ! Nous devons assumer la conflictualité de la société, ne pas négliger l’importance du rapport de classe. Le socialisme républicain, c’est lutter efficacement contre les inégalités, c’est privilégier le nous au moi, c’est le partage plutôt que le privilège. 
Parce que nous sommes internationalistes, nous devons porter notre projet de société à l’échelle mondiale. Refuser la mondialisation par le bas, le commerce low-coast qui, pour tirer les prix au maximum, s’assoit sur l’ensemble des droits des salariés. Les échanges sont mondiaux ce qui induit que l’armée de réserve chère à Marx est aujourd’hui une réalité. Les investisseurs trouveront toujours une province d’Inde ou de Chine pour maximiser leurs profits et faire courir le menace d’une délocalisation. C’est pour lutter contre la concurrence effrénée que nous devons proposer et garantir la mise en place une plus juste taxation des échanges financiers et des marchandises. La Gauche dispose d’un socle de valeurs fondamentales plus que jamais d’actualité.
 
Notre pays a des atouts formidables pour trouver sa place dans la nouvelle donne mondiale : une main d’oeuvre diplômée à la forte productivité horaire, des services publics de qualité, un taux de natalité supérieur à ses voisins européens, des centres de recherche performants, un nombre important de grandes entreprises compétitives. Ces atouts, les socialises doivent les mettre en avant et les défendre à l’échelle européenne. L’idée de Laurent Fabius de créer une communauté européenne de la recherche et de l’innovation peut nous servir de proposition phare lors des prochaines élections européennes. J’y ajouterai une idée plus personnelle mais complémentaire de la précédente : celle d’un Erasmus des travailleurs. L’Union Européenne, via un fonds européen, permettrait aux salariés et aux demandeurs d’emploi de prendre un congé formation pouvant aller jusque 12 mois pour se former dans un autre pays. Après la politique des comités de jumelage, après les échanges européens pour les étudiants, le programme Erasmus de la Population Active serait un formidable accélérateur de l’Europe sociale que nous appelons de toutes nos forces.
 
Alors, apporter des nouvelles réponses en acceptant nos échecs et surtout en prenant en compte l’inversion de cycle mondial, voilà le chemin de l’espérance. Préparons nous, unis et rassemblés, à changer la France pour changer la vie, sans jamais renoncer à porter les conditions de la véritable alternative. Inspirons nous des congrès du Globe et d’Epinay, de Jaurès et Mitterrand, pour que le congrès de Reims de 2008 ne soit pas un sacre, mais l'occasion d'un vrai renouveau du Parti Socialiste.

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Commentaires

Un pas chassé à gauche et de la pédagogie, et tout le reste suivra, notamment changer la société pour un petit peu plus de justice sociale notamment dans le domaine économique avec davantage de distribution du fruit du travail à celui qui réalise ce travail.
Pour la mondialisation d'un projet de société socialiste, heu ne mettons pas la charrue avant les boeufs, tentons de fédérer au niveau national d'abord...
Mais le PS doit renaitre c'est certain.
Bonne chance

Écrit par : Fran | 15/05/2008

Je pense qu'il manque même une quatrième clé qui devrait s'insérer dans chacune des 3 précédentes: l'humilité.
Car même si la gauche est convaincue d'avoir "Les" solutions dans tous les domaines (déjà, je demande une démo), je ne pense pas que le monde s'arrête de tourner pour se pencher sur les propositions du PS en France... Non pas parce que le fonctionnement actuel mondial est meilleur que ce qui est dénoncé (libéralisme, ...), mais tout simplement parce que pour convaincre les autres, il faut leur prouver que ça marche au moins à un endroit...
Et pardonnez-moi, mais sur l'exemple sur les sub-primes citées dans l'article, et même si je pense que des règles devraient permettre d'avoir un fonctionnement plus juste et perenne de la bourse, seul un mouvement amorçé au niveau des continents (Europe, USA, ...) et avec les fiannciers peut changer les choses, pas 2-3 règles votées uniquement en France: en effet, si les financiers eux-même ne sont pas convaincus du besoin d'une régulation mondiale, alors il leur suffit de changer pour un pays moins réglementé...
N'oubliez pas "tendre vers l'idéal, comprendre le réel"... Pas (plus!!!) l'inverse...

Écrit par : Laurent | 15/05/2008

Est il officiel que 20 mn est devenu la tribune officiel du PS
Le plus flagrant : le choix dans les propositions des soi-disants "sondages" de ce journal qui semble de plus en plus orienter les réponses. je crains que vous ne perdiez tous les jours un peu de votre indépendance mais surtout de votre clairvoyance vous aussi, dommage.

Écrit par : arty | 15/05/2008

Plus nullissime que la "gôche" Française aujourd'hui il faut beaucoup chercher, en Europe rien ne lui ressemble, ses dinosaures ont largement fait leur temps et s'entre-déchirent à qui mieux-mieux pour connaître avant Novembre qui remportera le "gâteau', les jeunes-loups n'ont qu'une idée c'est leur "carrière" avant tout sans se fatiguer, l'électorat sur consigne-express vote contre le gouvernement actuel par bravade et on ne sait trop quelle "revanche" personne ne bosse, dans l'hémicycle ça "roupille" à qui mieux-mieux ou bien alors on a droit aux vociférations grandiloquentes des Montebourg, Dray, Vals, Moscovici, Hollande et consorts que ça en devient lamentable même pour ceux qui ne "dépendent" pas de leur électorat ... Seul compte leur Très Gros Portefeuille de Député auquel ils s'accrochent comme des sangsues ... sans propositions concrètes depuis le 6 Mai 2007 ! ... cette gôche est lamentable, inepte, pas crédible que s'en est une honte pour la vie démocratique de notre pays.

Écrit par : aubeline | 15/05/2008

-dis papa c'est quoi la gauche?
-la quoi???

Écrit par : jérome B | 15/05/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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