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17/06/2008

Inventer le socialisme du XXIème siècle

Par Philippe Gailhardis

Bonjour. Je vous écris ce billet depuis Sirius. Il n’est pas mauvais, de temps en temps, d’essayer de prendre de la hauteur. Surtout en période de congrès socialiste…

1781853442.jpg Comme chacun sait, les siècles commencent avec 15 ans de retard sur le calendrier (1715, 1815, 1914…). Le XXIème siècle est donc pour demain, quand la crise écologique, économique et idéologique (avec les intégrismes) atteindra son point d’orgue.
Il n’y a pas de tâche plus urgente que d’inventer le socialisme de ce siècle-là.
Et l’on ne peut l’inventer sans penser l’économie du XXIème.

Qui a fait pareil effort de prospective depuis Marx (Photo AFP: La statue monumentale de Karl Marx à Chemnitz)? Il faudra bien pourtant que nos têtes pensantes s’y attellent…


Il me semble que cette post-économie a trois caractéristiques :
-    La rareté des ressources et la nécessité de limiter les émissions de polluants oblige à revenir à l’objet premier de la science économique : une allocation optimale de ressources naturelles rares. Cette approche nous ramène à l’aube de la pensée économique, avec les physiocrates. Elle appelle une réorientation radicale de la croissance vers les biens immatériels et les services.
-    Parallèlement, cette limitation des ressources matérielles et l’évolution technologique poussent à une virtualisation croissante de la société. Dans le cyber-espace, le principe des rendements décroissants ne s’applique plus. En d’autres termes, faire payer des biens virtuels est perçu comme une forme de racket et le piratage est ressenti comme légitime. L’Internet appelle un monde de gratuité qui nous rapproche de l’utopie d’origine du socialisme.
-    Enfin, la croissance vertigineuse de la productivité (due pour partie à la dématérialisation) nous force à penser la fin inéluctable du travail. Même les services à la personne, encore considérés comme un nouveau gisement d’emplois, pourront être de plus en plus occupés par des robots. Dès lors, la problématique socialiste n’est plus de combattre le chômage par la croissance, dans une logique keynésienne, mais de répartir ce qu’il reste de travail et d’assurer que les non-travailleurs bénéficient d’une part acceptable du gâteau, à l’instar des clients de l’empire romain. Même si cela heurte profondément notre culture judéo-chrétienne, selon laquelle « celui qui ne travaille pas ne mange pas ».

Trois scénarios s’opposent.
o    D’un côté, un scénario capitaliste fait de holdings régnant sur des ateliers automatisés dirigés par des actionnaires et des managers richissimes enfermés dans leurs ghettos face à la horde des miséreux.
o    D’un autre côté, un scénario à la cubaine où l’Etat alloue les ressources en échange de la docilité des citoyens.
o    Enfin, un modèle libertaire et participatif, qui reste à construire.
Résumons-nous : raréfaction des ressources naturelles, développement d’un vaste secteur où règnent le troc et la gratuité, disparition du travail comme valeur et comme facteur de production: tout tend à un dépassement du capitalisme et à l’avènement d’un nouvel âge d’or. Comment s’en étonner? Ce rêve de hippie n’est-il pas inscrit dans notre mental collectif depuis l’origine de notre espèce?


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Commentaires

Les français n'aiment pas qu'on rêve à leur place, sinon le PS serait régulièrement élu aux présidentielles.
Le renouvellement du PS c'est comme dans un appel d'offres, faut démarrer par le recensement des besoins, et là en l'occurence il s'agit des besoins du peuple qui vote, pas des idéaux militants.
Que veut le pueple ? Et aprés on bâtit sur cette base, un programme tout en y apportant une logique socialiste, durable, égalitaire.

Écrit par : Fran | 17/06/2008

D'accord sur le diagnostic, pas trop sur le "socialisme du futur"... Bien que les exercices d'anticipation soient intéressant (pour certains, qui se basent sur un certain nombre d'uchronies, mais passons), il faudrait peut-être que le PS invente le socialisme d'aujourd'hui...
Quand à la morale judeo-chrétienne, j'ai du mal à croire que les (quelques) travailleurs du futur s'esclavagisent au profit d'une société majoritairement composée de non-travailleurs et bénéficiant de leur travail... à moins que l'on ne retourne aux périodes barbares de maîtres-esclaves, et la boucle (temporelle) serait bouclée...

Écrit par : liam | 17/06/2008

Est-ce qu'il n'est pas possible de parler de choses concrètes comme la politique à mener sur les "cités"?

Écrit par : dida_cité | 17/06/2008

un modèle libertaire et participatif ? donc, là, vous etes pas au Ps, vrai ?
sinon, vous allez pas y rester loingtremps ;-))
sur la virtualisation du monde, bien d'accord: qui au ps (ou ailleurs) en parle ?
sur la croissance de la productivité : ok aussi, MAIS qui au PS pour taxer les automates de caisse dans les supermarchés et reverser cela aux caissieres nouvelles chomeuses ?
sur le reste, pas dit : qui pour laisser edf a son avenir libéral et enfin aider les technologies d'energie GRATUITE...
qui pour demander qu'une banque sauvée par l'état rembourse les citoyens ?
qui pour empecher la main mise boursiere sur notre industrie par des fonds de pensions etrangers ..
qui ????????????
ni vous, ni eux, ni personne...
alors ? la renovation ne passerait elle pas par la suppression pure et simple de ceux qui prétendent nous représenter ?????

Écrit par : pourquoi-pas? | 17/06/2008

Je pense que la clef du socialisme c'est vraiment d'aider les personnes qui en ont le besoin et non pas d'essayer de déterminer quelle sera "la forme de politique globale du socialisme" qui au final n'aura pas de prise sur les évènements de tous les jours. Pour moi un socialiste qui se dit "proche des gens" est une personne qui met la main à la pâte. Il ne faut pas être contemplatif. Tout le monde sait quels sont ceux qui ont besoin d'aide pour s'en sortir et ce n'est pas avec des discours théoriques que nous allons les aider. **
Ce n'est pas non plus en plaignant les gens que l'on va leur donner le courage d'avancer. Il ne faut pas penser aux problèmes mais aux nombreuses solutions qui existent. Seulement, pour gagner les voix des citoyens, c'est vrai que c'est mieux de leur dire qu'on les a compris. Puis, si on ne fait rien pour les aider concrètement, ce n'est pas grave! Eh oui, c'est ce qui arrive aux politiciens lorsqu'ils se sont habitués au faste d'une très bonne position sociale. Ensuite, ces politiciens aiment à lancer des questions ouvertes sur "comment repenser le socialisme", cela me fait doucement rire.

**Pour aider les personnes des cités je leurs dirais qu'il existe un moyen d'ascension accessible à tous : c'est l'Ecole. Travailler pour être un bon élève, même si c'est mal vu dans la cité, permet au final de changer de milieu social. Cela n'est pas renier la cité, c'est plutôt affirmer que ceux qui veulent "repenser le socialisme", et qui pensent que les jeunes des cités n'ont aucun avenir, ont tort : ce n'est pas parce qu'on est un jeune issu de la cité que l'on a aucune ressource. Un jeune qui vient d'un milieu social favorisé n'est pas plus intelligent qu'un autre de la cité. La seule différence, c'est que celui qui vient d'un milieu social élevé baigne, le plus généralement, dans un océan de culture (il a beaucoup de chance d'ailleurs). Ce que l'on apprend en cité est différent. On apprend à se battre par nous même, et c'est ça notre force. C'est sûr que nous retrouver ensuite sur les bancs de l'école contraste avec notre vie de tous les jours. Ce que l'on nous apprend nous semble très loin de la "vraie vie". Ce qui n'est pas le cas pour le jeune de milieu favorisé, puisqu'à l'école il ne fait, au final, que perfectionner une culture générale qu'il a déjà bien consolidée grâce aux nombreuses discours de son papa sur la situation géopolitique et les relations internationales de la France depuis Jean-Jaurès.

A un jeune de la cité, j'ai envie de lui dire qu'il ne faut pas baisser les bras. Ce qui te paraît très théorique à l'école est, en fait, la clef qui te permettra d'ouvrir la porte d'une nouvelle vie. C'est peut-être "chiant" mais apprendre à l'école et faire tout ce que tu peux pour aller le plus loin dans les études te permettra d'avoir un boulot intéressant et qui te sera payé plus que le smic.

Je veux également apporter une nuance à mon raisonnement : personne ne choisit l'origine de sa naissance. Si j'étais née dans un milieu favorisé, j'aurais été évidemment heureuse et j'aurais eu un autre regard sur la cité. Je me serais sûrement demandée comment ces jeunes appréhendent un quotidien si difficile sans vraiment trouver de réponse car tout cela me paraîtrait très flou. Je me dirais effectivement, qu'à leur place je ne pourrais pas m'en sortir.
Seulement, lorsque l'on naît dans la cité, on apprend à grandir dans ce milieu. Dès lors, on se crée des défenses qu'un jeune favorisé n'aura jamais eu l'occasion de développer. C'est ça la force d'un jeune des cités, c'est sa capacité à survivre.

Je veux également apporter une autre nuance : ce que je viens de dire est aussi valable pour ceux qui ont des difficultés financières au quotidien, et donc qui ne viennent pas forcément de la cité. Ensuite, il y a ceux qui baignent dans un milieu culturel fort, sans être de ceux qui n'ont aucun souci d'argent.
Le monde n'est pas manichéen. Cependant, du fait de l'isolement des personnes qui vivent dans les cités, il est facile de se laisser prendre au piège : un pauvre ne vient pas forcément de la cité mais une personne qui vient de la cité est très souvent pauvre.

Écrit par : dida_cité | 17/06/2008

Dans la rubrique "modèle libertaire et participatif" moblisons nous pour la journée du 18 joints

http://restonscorrect.20minutes-blogs.fr/archive/2008/06/17/shit-demain-c-est-18-joints.html

Écrit par : yvesd | 17/06/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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