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03/07/2008

Vers une nuit du 4 août?

Par Philippe Gailhardis (Gulliver)

En regardant Ushuaia Nature hier soir sur TF1, je me disais que ces Zoe, Indiens d’Amazonie qui ne savent pas ce qu’est l’argent, la possession, le pêché, la convoitise, les prêtres, qui vivent en harmonie avec la nature et n’ont pas la moindre idée de ce qu’est un chef, ces Zoé représentent l’âge d’or dont nous rêvons tous (sauf les missionnaires, les capitalistes et les chefs), notre idéal socialiste.

Et je me disais que la révolution néolithique, qui a apporté tous les fléaux que je viens de citer, en même temps que l’agriculture et les villes, n’est peut-être qu’une monstrueuse erreur d’aiguillage de la civilisation humaine. Elle est notre pêché originel, le prix à payer pour pouvoir mordre dans le fruit de la connaissance scientifique. Mais ce fruit est tellement délicieux! C’est si excitant de lire dans Sciences&Vie des entrefilets de ce genre: «On a découvert entre deux amas de galaxies un pont de gaz à plusieurs millions de degrés. D’une longueur de 4 millions d’années lumière, il pourrait expliquer en partie le mystère de la matière noire».

Les Zoés ignorent la poésie de la science…

Tout en me disant cela, je songeais à quel point notre parti socialiste, dans son fonctionnement intime et quotidien, est éloigné de cet idéal socialiste. Je n’ai jamais aimé le concept drayiste d’éléphant, bien trop binaire. Il n’y a pas d’un côté des pachydermes et de l’autre quoi? Des gazelles?


En réalité, comme la société française à la veille de la révolution, le parti socialiste se divise en plusieurs ordres. Il possède son clergé, composé d’une poignée de sociologues, de philosophes et d’économistes rassemblés dans des clubs de réflexion. Sa noblesse: maires de villes importantes, conseillers généraux ou régionaux, élus nationaux. Sa bourgeoisie : tous ceux qui, permanents ou fonctionnaires territoriaux, vivent de la politique, mais à un échelon modeste. Son petit peuple: les militants de base.

Et comme sous l’ancien régime, il existe à l’intérieur de notre l’ordre nobiliaire toute une gradation de titres.

En bas de l’échelle, presque hors circuit, on trouve des chevaliers errants qui, par leurs déclarations iconoclastes, parviennent à faire parler d’eux dans les gazettes mais, à cause de ces mêmes déclarations, arrivent rarement à se trouver des écuyers hors du cercle des féaux de leur fief. Souvent, après une transgression trop « héneaurme », ils se retrouvent excommuniés.

Un cran au-dessus sont les barons. Ils règnent sur une portion de territoire, rarement plus qu’un département, voire un morceau de département. Ils ont construit autour d’eux un réseau de fidèles bretteurs, toujours prêts à en découdre, et tenant d’un gantelet de fer les paroisses qu’ils dirigent.

Et puis, il y a les comtes (étymologiquement : les compagnons). Ils tiennent leur légitimité d’une gloire passée qui s’étiole, d’un ancien poste de grand chambellan ou de leur appartenance au cercle rapproché d’un monarque du passé. Les meilleurs d’entre eux parviennent à conserver un statut de sage, à publier ici et là une tribune, à être premiers signataires d’une pétition. Mais les courtisans les ont depuis longtemps lâchés. Refusant souvent de voir les rides que leur montre leur miroir, ils ont parfois des bouffées de vanité qui peuvent les conduire jusqu’à écrire des bêtises sur des collègues plus jeunes ou, dans les cas les plus désespérés, à accepter une mission du gouvernement.

Au-dessus, nous trouvons les ducs (étymologiquement :les chefs de file). Leur duché en socialie se nomme « courant ». Les barons leur prêtent allégeance, non sans avoir chèrement négocié leur ralliement.

Tout au sommet sont les princes du sang, ceux qu’on appelle les présidentiables. Il faudrait la plume d’un Alexandre Dumas (dans La Dame de Monsoreau) pour bien décrire de quelle façon ils se chérissent…

C’est ainsi que fonctionne le vieux PS, à la grande consternation de la roture qui, en bas de l’échelle, s’impatiente de se sentir taillable et corvéable à merci. « Il y a, disait un baron, très proche serviteur d’un prince du sang, deux types de militants socialistes : ceux qui paient pour militer et ceux qui sont payés pour le faire ».

Aussi, à la veille de notre congrès, qui est nos états généraux à nous, la grande question qui nous taraude est de savoir si le parti doit rester féodal ou si, dans un grand élan démocratique, les ordres doivent être abolis dans l’effervescence d’une nouvelle nuit du 4 août.
Les défenseurs du système féodal soupçonnent ses adversaires de vouloir le remplacer par une monarchie absolue, de substituer une cour aux courants, à l’image des pratiques autocratiques du royaume ennemi d’UMPie.

Les adversaires du système veulent juste donner sa chance à la démocratie… participative.


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Commentaires

Les socialistes et la droite associé ( même clivage politico-cultuel) censure les initiatives qui ne viennent pas des chapelles de la chrétienté. Savez-vous que rmiste par contrainte a cause de ce sytème, j'ai constitué une association selon la loi de 1901 déclarée à la préfecture du Var, puis une entreprise Censuré! Alors que je pourrais créer des dizaines d'emplois pour protéger la nature et les animaux. par exemple en commercialisant des objets de consommation courante sur mon site: www.lapetite-annonce.com. Savez-vous que j'ai obtenu l'accord de l'UNEP voir www.unep.org et l'opération " Plantons pour la planète" pour effectuer du reboisement et ce dans le cadre de LA LUTTE CONTRE LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE et que j'ai proposé a 28 journaux Français de monter une opération pour la journée mondiale de l'environnement du 5 juin 2008 CENSURE!

Écrit par : Mulero philippe | 03/07/2008

excellent billet!bravo!

Écrit par : romain blachier | 03/07/2008

c'est bizarre mais en regardant ce reportage j'ai pensé la même chose la vie des zoe ressemble a l'idéal socialiste , n'est ce pas de ce peuple dont mme mitterand parlait comme d'un modèle exploitable. Les contributions arrivant bientôt sur le bureau de hollande devraient s'en inspirer, travailler 2 heures par jour(grand max), un collier de perles pour payer chez l'épicier , des gratouillis comme l'hexomil , (pour la consanguinité on s'arrangera) vivre à poil, se fendre la gueule en carressant un rat tenu en laisse et chasser les mauvais esprits dans des rites exutoires , on pourrait se servir des fêtes existantes , fêtes de la bierre, de la musique,paris plage, ça serait sympa qu'en plus ils chassent les mauvais oeils. Pourquoi n'y avons nous pas pensé plus tôt !!!!

Écrit par : snaredrum | 03/07/2008

La démocratie participative est le dernier avatar du fantasme autogestionnaire et, comme lui, n'a qu'un seul but: faire croire aux gogos que leur avis aura un poids quelconque pour mieux les circonvenir et n'en faire qu'à sa tête... Après les conseils d'ateliers, les comités de quartiers, etc... il fallait trouver quelque chose de neuf, c'est ça la pub, ça lave plus blanc que le truc d'avant qui était notre produit d'avant garde d'hier ! De plus, la réalité, c'est ce qu'on peut constater tous les jours: en dehors de flambées éphémères sur un sujet précis, les citoyens s'en foutent complètement! On peut d'ailleurs le valider avec le fonctionnement associatif: en dehors de ceux qui sont assoiffés de pouvoir ou ceux qui se font piéger et le deviennent, ce qui revient au même, personne n'est intéressé! Ce qui finalement fait bien l'affaire des carriéristes divers (je ne vise personne...). En fait la véritable réflexion sur la démocratie, c'est: comment faire pour que cela le reste un minimum avec des citoyens qui s'en fichent! Ce n'est pas une démobilisation, c'est la réalité humaine éternelle qui est plus pertinente que les élucubrations théoriques, voilà qui ferait un vrai sujet de contribution! Alors, de grace, épargnez nous au moins cette hypocrisie là ! j'y ai cru aussi, en 1970, mais le temps et l'expérience ont passé, et...les faits sont têtus camarade !

Écrit par : brazz | 03/07/2008

Un monde magnifique le monde Zoe( Indiens d’Amazonie) pas de chef, pas de …, mais comment faire avec notre héritage humain avec tous ces default, tous ces problèmes, et la plus grands des questions comment faire pour éloigner tous loups des politiciens qui vive sur le dos des autres….. ????

Écrit par : bilar | 04/07/2008

@brazz
Vous avez parfaitement raison, c'est dur de faire participer les gens et tout aussi dur de tenir compte de leur avis !
Il existe heureusement une foultitude de formes de démocratie participative qui marchent et des études qui permettent de dégager ce qu'il faut faire pour que ça marche.
Par exemple, les conseils de quartier sont souvent un échec parce que leur objet est trop général et/ou qu'ils n'ont pas de budget suffisant à gérer. En revanche le budget participatif des écoles en Poitou Charentes, ça fonctionne !
Voir http://www.democratie-participative.fr/
Lille est aussi en pointe sur le sujet (vous voyez, je ne suis pas sectaire !)
L'institution de jurés tirés au sort, qui a tant fait pousser de cris d'horreur, a pour but d'empêcher que ce soit toujours les mêmes qui participent et s'expriment. Cela marche aujourd'hui comme cela marchait dans la Grèce antique.
J'ai vécu moi-même une forme de DP dans mon entreprise. Cela s'appelait les cercles de qualité. Puis les fonds de pension ont pris le pouvoir et il n'a plus été question que de rentabilité financière.
Mais le sujet est trop vaste, je m'arrête là. Il y a déjà plein de livres documentés sur ce sujet qui mérite mieux qu'une caricature.
@tous
J'espère que vous avez saisi la nuance d'humour dans mon éloge des Zoés. Il est bon que des émissions comme Ushuaia nous aident à redécouvrir le relativisme culturel qui a tant fait progresser les idées depuis les Cannibales de Montaigne, les Hurons de Voltaire et les Persans de Montesquieu.

Écrit par : GULLIVER | 04/07/2008

Ce soir là, la vie des Zoe c'était incontestablement un vrai bain de fraîcheur ! un ravissement pour nos yeux et un long et douloureux questionnement sur ce que nous allons devenir dans un très proche avenir ! Il y a parfois de belles images qui nous font terriblement mal.
Nous sommes démunis devant cette marche du monde que peu de gens ont choisi. Je crois qu'on a mis en route une machine infernale et que nous n'arrivons plus à la contrôler. Même ceux qui ont engendré ce système n'y croient plus vraiment. Nous sommes pris dans un engrenage dont nous ne connaissons pas l'issue car jusqu'à présent,une telle technologie n'a jamais existé. Nous sommes sortis des "cadres" habituels de l'histoire et de la politique. Ici tout est possible et c'est pour cette raison que nous avons si peur !
Le capitalisme aujourd'hui c'est comme le communisme vers la fin, plus personne n'y croyait mais on continuait à véhiculer les idées. Actuellement on se persuade tous les jours...et hélas même au plus haut niveau !
L'article ci-dessus m'a beaucoup plu et beaucoup amusé. C'est une excellente vision des appareils politiques dans l'ensemble ! Tous les appareils poliiques ! Personnellement, je ne crois pas que ce soit la notion de "hiérarchie" qui soit à blâmer, la hiérarchie, en principe, permet de savoir qui fait quoi, selon des compétences. Ce qui est à blâmer, c'et la "manière" d'exercer ses pouvoirs au mépris de l'intérêt général et de tout ce qui est humain. Il n'y a pas de "bon" et de "mauvais" parti, il n'y a que des hommes souvent en prise avec un égo surdimentionné !
En ce qui concerne le PS, son problème est énorme actuellement et très difficile à résoudre. Je ne pense pas qu'il s'agisse seulement d'un problème de personnes mais d'avantage d'un problème de position face à l'économie libérale. C'est là que tout se joue. Le PS sera obligé de prendre une position. Soit il continue à amalgamer toutes les gauches et il se marginalisera vis à vis des pays d'Europe et vis-à-vis du monde, soit il prend une tendance sociale-démocrate et il porte ses réformes à l'intérieur de l'union européénne, ceci au risque de perdre un électorat ancré très à gauche. En fait, deux solutions, soit entrer dans le monde libéral pour tenter de le juguler et l'humaniser de l'intérieur, soit résister, au risque de disparaitre car avec l'émergence de certains pays du tiers monde, il n'y aura pas de cadeaux pour un électorat qui ne s'adapte pas. L'électorat de la gauche a explosé, aujourd'hui il englobe surtout les fonctionnaires (que l'on retrouve souvent aussi chez Besancenot) et les gens traditionnellement à gauche, mais pas beaucoup les plus précaires, ce qui est bien dommage pour porter des réformes et des négociations. Nous ne pouvons plus discuter autour de la mondialisation, de savoir si c'est un bien ou un mal, non, nous sommes dedans depuis quelques années déjà ! Lorsqu'on perçoit les avancées incroyables de certain pays tiers, on ne peut que souhaiter rapidement l'Europe et qu'une gauche française "bien assise" s'y trouve ! Les français les plus pauvres en dépendent. Ceci ne veut pas dire que nous perdions nos repères. Il y a quelques temps, je ne pensais vraiment pas écrire ces lignes mais il faut regarder la vérité en face, la France n'a guère le choix ! Le gouvernement actuel a tout intérêt à trouver une véritable opposition, un pays ne peut s'en passer. Aujourd'hui la gauche est très disparatre, ce qui explique qu'elle ne reprend pas son souffle. Elle se contente d'être "dans la réaction" pas dans le projet. Même les problèmes immédiats, tels l'environnement, ne pourront être discutés qu'avec une Europe puissante. Au sein du PS, le problème vient des désaccords sur cette question du libéralisme et la crainte de perdre un électorat. De toute façon, il n'y a qu'une seule question à se poser : étant donné que nous sommes bien partis dans la mélée de cette mondialisation, comment réduire cette pauvreté grandissante. La gauche s'honore de défendre les plus démunis, alors d'une manière pragmatique, comment faire ? au sein de quelles institutions ? La France n'a jamais eu autant besoin d'idées et de créativité dans le "social" qu'actuellement et il faut admettre que la gauche est en panne. Le PS doit tourner la page de l'histoire car les cartes sont redistribuées et on ne peut revenir la dessus quoiqu'on en pense ! Ca c'est aussi le démarrage d'une autre histoire ! Maintenant, comment se placer au mieux pour défendre les plus fragiles ? S'adapter ou disparaitre ? Hélas, pas d'autre issue ! Il va falloir beauoup d'imagination au PS c'est incontestable et il sera obligé de déplaire à une partie de son électorat, c'est inévitable d'un côté ou de l'autre.. On ne construit rien uniquement dans la "réaction", on finit par s'isoler et c'est stérile. Ceci n'est qu'une reflexion très personnelle écrite nullement par plaisir mais par logique ! L'éccueil du PS aujourd'hui, c'est qu'il raisonne en "politique" et que le monde se raisonne malheureusement en "économique"!!! La tâche n'est vraiment pas facile ! Même les politiques de droite sont touchés ! Il y a de plus en plus une confiscation des droits de tous, à tout niveau !
Pour conclure, tout cela ne vaudra jamais le doux paradis des Zoé, ils se foutent pas mal des cours de la bourse ! Les sauvages et les barbares ne se trouvent pas là ou on les attend ! C'était une belle leçon de sagesse, de solidarité et d'amitié !

Écrit par : epona | 04/07/2008

Ah.... le bon vieux mythe du bon vieux sauvage vivant en moyenne jusqu'à 25 ans au fin fond de sa jungle colombienne là où, à part les derniers rescapés des Farc et les équipes TV de Nicolas Hulot, personne ne vient l'embêter pendant qu'il tresse des paniers qui finiront bien par être exposés un jour ou l'autre au musée des arts premiers du quai Branly de Chirac...
Manquait plus que ça !
Si la gauche cherche des idées inutile de claquer 20 euros pour acheter le dernier opus des oeuvres complètes de Ségolène Royal, suffit de regarder Ushuaïa... C'est gratos, inclus dans la redevance, comme les chaines du Service Public grâce auxquelles mami peut regarder "Des Chiffres des Lettres" et papi s'endormir le vendredi soir devant "Thalassa"...
Merci qui ?
Merci monsieur TF1 !

Écrit par : restons correct | 05/07/2008

la gauche pense trop , la droite réagit

Écrit par : SVP | 05/07/2008

Admirable reportage concernant les "zoés" mais j'ignorais le sens caché d'une politique quelconque, quel dommage ! Ils se fichent complètement d'une politique droite ou gauche et ils ont bien raison car nous en sommes là !!!!!!!!
Je préfère et de loin rester sur cette image idyllique peut-être voire utopiste mais tellement humaine et pas si éloignée de ce que nous avons été, de ce que nous sommes finalement bien loin de notre égo si enflé !
En effet, la "machine infernale" est lancée et laisse derrière elle cette part si belle d'humanité mais aussi nous offre tous ces progrès "magiques" qu'on ne peut ignorer !
Le choix de "monter dans ce train d'enfer", s'il existait, est difficile car nous sommes dedans avec tous les formatages bien intégrés mais l'on peut encore dire non par la pensée peut-être car la seule chose qu'on ne peut nous soustraire est bien cette liberté de penser !
Merci Nicolas pour ce magnifique reportage et la prise de recul que cela a entrainé !
Merci tout simplement !

Écrit par : ambre | 20/07/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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