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03/11/2008

La semaine de tous les dangers

Par Philippe Gailhardis

La semaine qui s’ouvre n’est pas un laps de temps ordinaire. Elle se trouve à l’un de ces points de bifurcation de l’histoire où tout devient brièvement possible: le meilleur comme le pire.

american paradox1 ok.jpgAvec la toujours envisageable élection de McCain, avec (soyons pessimistes jusqu’au bout) une Sarah Palin bientôt à la Maison Blanche (après tout, Mc Cain n’est pas immortel), tout ce que nous détestons chez nos amis Américains risque d’être porté à son point d’incandescence: la toute puissance du complexe militaro-industriel et de Wall Street, appuyé sur le néo-obscurantisme soi-disant «évangélique» (doux Jésus, que de crimes on commet en ton nom!), dans un pays où, nous disent les sondages, 20% des habitants pensent que le soleil tourne autour de la terre et où une proportion encore plus grande croit que les hommes préhistoriques vivaient parmi les dinosaures, comme dans le dessin animé des Pierrafeu.

A une échelle plus modeste, le vote socialiste de jeudi risque aussi d’être lourd de conséquences, au moins pour notre pays.


Va-t-on, comme certains l’annoncent, vers une abstention massive des militants, découragés par l’illisibilité socialiste, l’absence d’enjeu clair et l’interminable guerre des chefs? Vers des motions quasi exæquo, dont les leaders s’empresseront de négocier entre eux dans l’arrière boutique pour déboucher sur un gouvernement de coalition dans la grande tradition des troisième et quatrième républiques? Vers un «Tout sauf Ségolène», syndicat passéiste d’autodéfense des princes et des barons du PS? Ou vers une de ces grandes motions de synthèse, catalogue de vœux pieux, portée par un premier secrétaire tout spécialement choisi parce qu’il ne fait d’ombre à personne?

Si de telles hypothèses se réalisaient, elles seraient annonciatrices de l’auto-mise au frigo d’un parti décidé à gérer ses succès locaux et à se tenir à l’écart des grands enjeux nationaux. Un parti qui aurait renoncé durablement à gouverner la France en ces temps difficiles. Elles seraient le prélude à un brillant succès du parti… des Verts, de l’extrême gauche et du Modem aux prochaines européennes.

Ces dernières semaines, on a beaucoup débattu au sein du parti socialiste. Mais la teneur des débats était souvent si éloignée des préoccupations des Français que j’avais l’impression, dans ce parti laïque, d’assister à un concile byzantin où « l’alliance avec le Modem » aurait tenu lieu de sexe des anges.

Ces invocations rituelles, ce «plus à gauche que moi tu meurs», ce refus bigot de tout pragmatisme, ne s’expliquent pas uniquement par le mollétisme tactique des périodes de congrès. C’est plus profond que ça. Malgré la tentative avortée que représentait la «déclaration de principes», tombée d’en haut et adoptée en catastrophe sans vrai débat (ainsi va la démocratie interne dans ce parti), la question de leur identité continue de tarauder les socialistes. Ils ne veulent pas tant discuter que se rassurer sur la pérennité de leurs propres principes. Et, plus ils défendent des principes, plus ils en viennent à oublier leurs valeurs - à commencer par celles de fraternité et de respect. Là encore, comment ne pas faire le parallèle avec les grandes religions monothéistes qui, au nom du principe d’orthodoxie, font fi des valeurs de compassion en pourchassant les infidèles?

Or, pendant que le PS se perd dans sa théologie, il évite d’aborder ce qui est le seul vrai enjeu du congrès : comment sortir ce parti de l’impasse, afin d’offrir aux Français une vraie alternative crédible à la droite pour 2012 ?
Ce qui nous bloque, ce dont il faut nous dépêtrer, est beaucoup moins affaire de programme que de « statuts ». En clair : le PS doit changer sa constitution. Au plus vite!

Le très discret Gaétan Gorce avait, lors des contributions, formulé les propositions les plus radicales en ce domaine.

Hormis l’idée iconoclaste de renoncer à la proportionnelle, la plupart de ses suggestions trouvent leur écho dans la motion E (Collomb – Royal), qu’il a ralliée. Bâtir un parti attractif, ouvert sur la société «civile», accessible à tous grâce à l’adhésion à 20 euros, plus proche du «terrain» par le renforcement du rôle des fédérations (niveau départemental du parti), à l’écoute des militants par la démocratie participative, et surtout débarrassé de ce théâtre d’ombres que sont les courants. Un parti où la parole est libre pour débattre mais où la discipline collective est respectée quand les militants ont tranché. Un parti, enfin, qui sait séparer débats de fonds et enjeux de pouvoir et ose ouvrir aux sympathisants, voire à toute la gauche, le choix de son candidat aux présidentielles.

Oui, il est urgent de reconstruire le parti socialiste. Pas en reconduisant les mêmes fonctionnements, les mêmes pratiques, les mêmes petits arrangements entre amis. Non, toutes les motions ne se ressemblent pas. Une seule motion propose à la fois une équipe renouvelée et une pratique radicalement différente, en vue de bâtir un parti de masse. Peut-elle gagner et stopper l’hémorragie du PS depuis la présidentielle, cette fuite en partie orchestrée des nouveaux adhérents qui, venus en masse, étaient venus troubler pour un temps le jeu immuable des baronnies? Le PS peut-il dire avec Obama: «Yes, we can change»? Tel est, après l’élection américaine, l’autre grande inconnue de cette semaine de tous les dangers.


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Commentaires

Un bateau sans compas,sans boussole,un équipage usé,un capitaine has been qui scande sans grande conviction"discipline camarade,discipline,il faut ramer" et une bande d'hurluberlus qui s'entredéchirent pour prendre la place du capitaine

Écrit par : antimythe | 03/11/2008

prise de tete et blabla votre site

Écrit par : pauli | 03/11/2008

Ce qui pèche au PS, c’est qu’encore une fois une gauche caviar qui pointe.
On aurait crustacé l’affaire du leader, mais c’est comme toujours un panier de crabes que l’on nous sert. Entre les requins et la petite sardine (qui est malheureusement pas lourde), On les voit qui se pincent les uns les autres pour devenir le dauphin. Il faudrait qu’ils mettent le turbo, travailler sur un programme. Mais voilà que Delanoë s’anguille pour passer devant. Allez, petite sardine montre leurs que t’est pas un thon ! S’ils continuent à faire les clowns , j’ai bien peur que cette baleine PS s’échoue avant 2012. On au raie cru qu’après cette défaite, ils se rassemblent et parle d’une seul voie, mais voilà mes espérance sont des truites et je reste maintenant muet comme une carpe devant la guerre du libéral socialiste.

Écrit par : Merlin | 03/11/2008

ah ! au fait si tout est nul et calamiteux aux p s qu est ce que vous compter
faire a part critiquer ?
c est la semaine ou jamais j ai bien peur que vous tombiez dans le négatif !
un peu d obtimiste votez ! OBAMA !
je me trompe d éléction ..... ah bon !

Écrit par : deer | 04/11/2008

Philippe,

Tu écris "Peut-elle gagner et stopper l’hémorragie du PS depuis la présidentielle, cette fuite en partie orchestrée des nouveaux adhérents qui, venus en masse, étaient venus troubler pour un temps le jeu immuable des baronnies?"

Et s'ils étaient partis parce que le militantisme n'était pas leur objet ?

Peut-on construire un parti et une politique avec des groupes de zappeurs ?

Question subsidiaire : Les porteurs des autres motions sont-ils moins socialistes ?


@micalement


Slovar les Nouvelles
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Écrit par : JC BENARD | 04/11/2008

oui jc bernard vous avez raison mettre le bleu de chauffe pour nos petits jeunes
et faire du porte a porte " ça ne rapporte pas " la gauche caviar a telle peur de
mettre les mains dans le manche a balai les vieux de la vieille sont toujours au pouvoir
mais.............. dans leur tete ! nous sommes dans l opposition pour un bon moment !
sauf erreurs de nos adversaires! mais la c est pas la gauche qui est bonne !
c est les autres qui sont mauvais !

Écrit par : le mr | 04/11/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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