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01/07/2008

Lettre à un élu anonyme et hésitant

Par Philippe Gailhardis (Gulliver)

Comme tout groupe humain structuré, le parti socialiste a ses rites : réunions de section, universités d'été dans sa ville sainte de la Rochelle et congrès. Un congrès c'est très compliqué. Aussi compliqué sans doute qu'un concile. Il faut rédiger des textes, appelés motions, qui peuvent être généraux ou thématiques, et qui doivent être signés par un maximum de "gradés" (grands élus, secrétaires fédéraux...) afin de se présenter en force au congrès, où les contributions vont se regrouper en motions, et les contributeurs en courants. Ce mercredi, un conseil national du PS va entériner les motions en lice. Pour les militants engagés sur un texte, c'est le temps des appels à signature, du "phoning" façon Obama. Sauf qu'eux ne sont pas payés pour le faire. Ambiance... 

Bonjour Monsieur le député,

Nous sommes en pleine course aux signatures et la plupart des élus comme des simples militants sont encore dans l’expectative. Certains par simple opportunisme, pour voler au secours de la victoire le moment venu, les autres, plus nombreux, parce qu’il y a un tel cafouillage au sein du parti qu’ils ne savent plus très bien où ils en sont eux-mêmes.

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Lors des présidentielles, tu as été parmi les premiers à soutenir Ségolène Royal. Depuis, beaucoup de choses se sont passées: une campagne magnifique, une franche défaite, sans parler des fameuses bourdes, la plupart montées de toutes pièces par des médias aux ordres.

Quelles raisons aurions-nous aujourd’hui de changer de tête de file?

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21/05/2008

Un congrès socialiste très première gauche.

Par Marc Vasseur

 

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Pourvu d’une modeste expérience du Parti Socialiste, deux choses me frappent dans ce congrès, outre l’absence encore patente d’un vrai débat de fond, c’est la victoire totale de la ligne sociale-démocrate. Et ce au moment même où celle-ci est moribonde (papier toujours en cours de rédaction).

 

 

La seconde réflexion, plus interne à la France c’est de voir un congrès dominé par la 1er Gauche alors qu’après 35 ans, la 2eme gauche a enfin gagné la bataille idéologique.

 

Alors vous me direz c’est loin tout ça… et bien non… car il est difficile d’oublier que celles-ci étaient respectivement incarnées par François Mitterrand et Michel Rocard.

 

 

Au fond Rocard avait raison dès le congrès de Metz (1979) et pourtant… si on fait une filiation de cette fracture à notre congrès de Reims… la deuxième gauche est sortie du jeu... définitivement ? 

 

De Fabius à Delanoë, de Royal à Moscovici, tous son héritier à leur façon de l’héritage mitterrandien… Ultime victoire posthume de notre machiavel de gauche.

 

 

N’oublions pas que les deux fils naturels de l’unique Président de gauche de la Vème sont Jospin et Fabius et ces deux là s’étaient affrontés à Rennes… avec cependant un ennemi commun Michel Rocard.

 

Or DSK et Delanoë ne sont que deux branches de la jospinie. La trajectoire de Ségolène Royal est certes un peu moins nette et certains seraient tentés de penser qu’avec les clubs deloristes, on pourrait la rattacher à cette deuxième gauche sauf que Jacques Delors s’est toujours bien gardé de se revendiquer ouvertement de cette proximité.

 

 

Quelle importance me direz vous ?

Pour moi elle est essentielle, les figures de cette 2eme gauche (Mendes, Rocard, Maire…) n’ont eu de cesse d’explorer les champs des possibles, dans le sens où la prise en compte de la réalité n’empêche pas la créativité et l’innovation. Un autre élément me parait tout aussi important,la curiosité,  l’écoute, le dialogue avec les acteurs de la société. Il n’est d’ailleurs pas anodin que Michel Rocard ait porté avec talent et conviction  la question des logiciels libres au niveau européen… pourtant ce n’est pas à priori son domaine de prédilection…  

 

 

Caricaturale… je vous invite à un petit retour en arrière sur la mise en place de la seconde loi sur les 35h… mais aussi au cours des deux premiers septennats, je ne suis pas certain que les partenaires sociaux aient un souvenir impérissable du dialogue social de l’époque… Je ne parle pas non plus la lente dégradation des rapports entre le parti socialiste et les intellectuels mais d’éminents universitaires l’attestent.

 

Alors oui, je reste persuadé qu’aujourd’hui, si la 2eme gauche a gagné le débat  économique ; pour la première gauche, la question de la pratique politique reste un sujet… j’ose le mot… tabou. Au fond une conception très pyramidale, très jacobine de la politique.


Alors aujourd’hui, oui j’aime l’agilité intellectuelle et la capacité à sortir des idées d’un DSK (en même temps, j’ai l’impression qu’il s’est un peu émoussé), comme je donne crédit à Ségolène Royal son intuition sur la démocratie participative même si, à mon sens, elle est encore en gestation.

 

 

Cependant, nous avons perdu 30 ans et aujourd’hui nous avons devant nous une social-démocratie à bout de souffle, dans une sorte d’incapacité à penser un monde global et local, replié et ouvert… mais c’est le sujet d’un autre article.

 

Ce mercredi, François-Mitterrand répond à vos questions sur 20minutes.fr

Pour tout comprendre et tout lui demander, cliquez ici

La Rédac 

07/04/2008

A 40 ans, qu’attendre du congrès du PS?

Par Marc Vasseur
 
Presque 40 ans, une moitié de vie de militant dont les trois quarts au Parti Socialiste. De militant à presque notable ou en tout cas perçu comme tel, car l’élu y tient une place prépondérante à tous les niveaux de l’appareil. Aujourd’hui, et depuis quelques années par choix, je me suis retiré sur mon Aventin de citoyen engagé.
 
e42462ed6f71205c1a90c1fe906a393c.jpg Le Parti Socialiste a ouvert son congrès, ou plutôt quand on regarde les modalités de celui-ci et son officialisation, «a verrouillé»… me semble plus approprié. Car malgré trois défaites consécutives aux Présidentielles, le PS semble se recroqueviller sur lui-même. Alors que le monde évolue de plus en plus et que les problématiques politiques se complexifient, ce dernier semble déjà s’orienter vers les bonnes vieilles ficelles d’antan. La principale repose sur une maxime chère à François Mitterrand qui veut qu’un congrès se gagne à gauche; la deuxième veut qu’on agite ce fameux appel à la Synthèse sensée rassembler les Socialistes en bout de congrès.

Au fond, une synthèse, c’est quoi? Une négociation réalisée en plein cœur de la nuit entre dirigeants «sérieux» où on s’échange un petit bout de droite, un petit bout de gauche… ce qui à l’arrivée donne, au mieux, une somme d’incohérence, au pire… le plus souvent… à un texte remisé dans une armoire le vote à peine achevé. L’essentiel est ailleurs et réside dans les places à distribuer, dans les places à prendre…

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