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09/10/2008

Vive le socialisme 3G!

Par Philippe Gailhardis

Eh bien ça y est: nous y sommes! Tout ce remue-méninges des derniers mois a fini par se cristalliser en six petites motions et j’entends déjà les éternels sceptiques me murmurer à l’oreille: «Tout ça pour ça!».

Pour le célébrissime «militant lambda», qu’il serait orthographiquement plus juste de désigner par la lettre mu (comme le continent disparu), l’heure du choix a sonné. Plus question de se tenir en retrait. Il se retrouve dans la situation du client de super-marché, perplexe devant les six marques de ratatouille qui lui sont proposées.

débat participatif.jpgAfin d’exercer ce droit au nom de quoi l’on justifie toutes nos aliénations, cette fameuse «liberté du consommateur», il va devoir s’esquinter la vue à lire le prix au kilo inscrit en tous petits caractères et trouver en retournant les boîtes en tous sens la vraie composition du produit. C’est l’acte essentiel en société capitaliste, celui qui permet à la concurrence de s’exercer sainement. Le paresseux, le distrait qui prend une boîte au hasard se rend coupable d’un vrai sabotage économique. Pour un congrès socialiste, c’est à peu près la même chose.

Aussi, que de mal on se donne ! Dans chaque section, des élus ou de simples militants mués en conférenciers viennent exposer en dix minutes chrono les motions qu’ils défendent sans les savoir toujours à fond. Chacun parle à son tour, et souvent la discussion est esquivée par crainte de la polémique, tant le psychodrame du traité européen et les invectives de la campagne interne des présidentielles ont disqualifié les affrontements musclés entre camarades ! Comble de paradoxe, on préfère faire cela à la manière d’un débat télévisé des présidentielles américaines. Alors oui, que choisir? Avec toute ma subjectivité de consommateur, mais en tâchant d’éviter la mauvaise foi, puis-je me permettre de vous livrer mes impressions sur les produits?

Franchement, la marque « pôle écologique» me déçoit. Je n’y trouve guère qu’un résumé des idées abondamment ressassées dans les pages « environnement » des médias et, plus grave, l’urgence écologique numéro un de notre temps, à savoir l’extinction massive des espèces provoquée par l’homme, y est escamotée. Il me semble qu’un exercice scolaire aussi sage pourrait être signé par la quasi totalité des socialistes, hormis les pro-nucléaires enragés, signé même, au-delà du parti socialiste, par la secrétaire-générale adjointe de l’UMP!

Le produit Utopia me parait beaucoup plus intéressant. C’est en fait un résumé des deux livres les plus célèbres de Dominique Méda : « Le travail, une valeur en voie de disparition » et « Qu’est-ce que la richesse ? ». Proche conseillère de Ségolène Royal, cette sociologue a tiré la quintessence de l’esprit de 68, celui qui, loin des léninismes poussiéreux, faisait écrire sur les murs: «A bas la société de consommation», «On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance» ou encore «Sous les pavés, la plage». Mais que fait aujourd’hui, me direz-vous, Dominique Méda auprès de celle qui a fait de la «valeur travail» un thème de campagne (thème plus conforme au marxisme de l’élément «drayiste» de son entourage)? L’incompatibilité n’est qu’apparente. Là où Utopia revendique la nécessité de penser les lendemains qui chantent, la motion soutenue par Méda, tout en proposant les outils pour réorienter la croissance, prétend fournir des objectifs applicables immédiatement. Ce sont deux échelles de temps qui se complètent.

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